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Boutique du "chinois" dans les années 1950
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LES CHINOIS
Lémigration dorigine chinoise a connu aussi son heure de gloire.
Quelques années avant labolition de lesclavage et pendant linterdiction de la traite des indiens, les agriculteurs de lîle, pour renforcer leur main-doeuvre, nhésitent pas à aller chercher des laboureurs chinois, qui sont reconnus pour leur grande capacité à travailler la terre.
Le 13 juin 1844, les 54 premiers chinois débarquèrent et sont couverts déloges. Plus robustes que les indiens, plus amis du travail et plus disciplinés que les nègres dAfrique, lesrit dordre et de régularité, le génie pratique qui convient aux affaires, dominent chez eux.
Plus tard, on en fit venir 110 autres répartis pour ls travaux publics et le labourage. Leurs conditions de transport ressemblaient beaucoup à celles des indiens, la surcharge en moins. Pour boisson, de leau acidulée de citron, dalcool ou de vinaigre de palmes. Ils habitaient dans des camps et leur contrat prévoyait comme repas quotidien du riz, du poisson salé ou des légumes, du rhum ou du sirop et du bois pour cuisiner.
En 1848, 728 chinois, il nen reste que 415, les autres sont portis ou rapatriés.
La majorité de ces chinois sont devenus, à la fin de leur contrat, des commerçants ou exercent une activité commerciale.
Ensuite, de nombreux arrivages eurent lieu, et leur nombre sagrandit rapidement.
En 1862, les chinois peuvent venir dans lîle comme passager libre dengagement et la plupart sistalle dans les commerces des premiers, avant de sinstaller à leur tout, grâce à un système dentraide et de solidarité exemplaire. Les autres sont charretiers, tailleurs, pâtissiers, marchands de grains, marchands ambulants, domestiques ou jardiniers.
Au début du XXème siècle, beaucoup retournent au ays pour trouver une femme ou reprendre leur famille et reviennent sinstaller.
On les retrouve comme tenanciers des fameuses boutiques chinoises, véritables cavernes dAli Baba dépicerie, de quincaillerie, de mercerie, de pharmacie... Ils détiennent la plupart des petits commerces et deviennent les fournissierus exclusifs des réunionnais. Ils faciliteront la fidélité de la clientèle en mettant en place un système de paiement différé, enregistré dans un carnet de crédit.
Les chinois ont joué un rôle important dans lalimentation réunionnaise. Ils furent les premiers et les plus nombreux à ouvrir des restaurants et les relations établies permirent aux autres dêtres familiers des produits et plats proposés.
Après une ascension fulgurante, ils se retrouvent aujourdhui à la tête de grands réseaux de distribution et les plus jeunes occupent les professions libérales les plus rémunératrices, médecins, pharmaciens ou autres hautes fonctions administratives.
DAUTRES FAITS CONTEMPORAINS IMPORTANTS
Au point de vue économique, lîle connut aussi dautres activités qui ont marqué ses habitudes. La culture des plantes à parfum, vétiver, géranium, a contribué à lélargissement des terres cultivées et de nombreuses terres des hauts ont été défrichées pour leur exploitation.
La culture de la vanille a mis en valeur des terres ou des forêt dans lest de lîle.
Des essais de diversification ont eu lieu (thé, tabac, etc.), mais la culture de la canne a eu raison des autres et reste aujourdhui la culture la plus importane avec, malgré tout, un développement des cultures maraîchères, fruitières et horticoles.
Au niveau de la population, dautres personnes sont venues au fil du temps sy installer. Les indiens musulmans, appelés zarabes, et, plus récemment, les personnes issues des Comores et de Moyotte, ainsi que des Malgaches dorigine indienne qui ont quitté la Grande Île, pour des raisons de politique intérieure.
Depuis la départementalisation, le 10 mars 1946, un nombre imporant de métropolitains, venus occuper les postes de la fonction publique, y séjournèrent et, pour beaucoup dentre eux, sinstallèrent.
Depuis lentrée de lîle dans le monde européen, ces ressortissants viennent, repartent ou sinstallent mais leur nombre reste peu important, pour linstant.
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Tickets de distribution de riz en usage à la sortie de la deuxième guerre mondiale
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Un autre fait important fut la situation de lîle pendant les deux périodes de guerre. Si la première na pas marqué profondément notre île, la seconde est restée dans le souvenir de ses aînés.
En effet, pendant toute cette période, le trafic maritime a été très perturbé et les échanges commerciaux très difficiles. Lîle important la plupart de ses vivres et surtout laliment de base quest le riz, se trouva fort dépourvue.
On défricha même quelques terres plantées en canne pour y mettre du maïs et on se remit à consommer beaucoup de racines et de légumineuses (manioc, patates, songes, cambarres, zantaques, woèmes et même certains végétaux inimaginables, conflores, choux de canne, de vacoa, toutes sortes de brèdes et fruits sauvages.
Cette période de privation, de marché noir, de rationnement (mise en place de tickets de rationnement) et de peur, a profondément bouleversé les habitudes alimentaires et la fin de celle-ci a entraîné un mépris ou dégoût de ces denrées dans lalimentation daprès-guerre.
Aujourdhui, heureusement, un autre usage de ces denrées à permis à la cuisine réunionnais de sétoffer et de devenir une grande cuisine appréciée par les plus fins connaisseurs.